Un profil bas

Les tiers-lieux sont des endroits simples, voire frugaux, rarement revendiqués et dont l’apparence rendra souvent difficile la démonstration de l’importance de tels lieux.

Ce sont des endroits où sera d’abord travaillé le fond avant la forme et ce seront donc d’autres facteurs qui seront à prendre en compte dans la recherche de convivialité que ce que l’on recherchera dans des lieux de réunions classiques.

Les lieux les plus récents ont le moins de chance d’être des tiers-lieux car ces lieux seront créés à certaines fins de profits : ils se placeront à un endroit en vue, cherchant à capitaliser sur le nombre de personnes passant par le lieux. De plus, ces lieux auront plus tendances à avoir une politique intérieure et une hiérarchie, amenant parfois à voir se reproduire ces lieux sous formes de succursales.

Tout cela découragera une réelle communauté à s’installer dans un tel lieu pour le transformer en réel tiers-lieu, un « temple de l’amitié », pour reprendre les termes de Emerson et Oldenburg.

La frugalité d’un tiers-lieu peut être vue comme une protection car elle fera éviter les visiteurs ponctuels ou de passage et fera préférer les personnes proches, permettant à chaque personne d’un groupe de mieux profiter de la présence de l’autre.
Enfin, cette simplicité est un niveleur car elle appelle à l’abandon des prétentions sociales, voire appelle à la non-prétention plus simplement.

Néanmoins, le profil d’un tiers-lieu sera en parallèle avec les profils des personnes le fréquentant, le tiers-lieu devenant une attente agréable et routinière dans la vie de chacun